AndyBeatZ est un artiste précoce ! Il vient tout juste de terminer ses études classiques et d’intégrer l’université. Si précoce que son premier hit, il l’a connu à l’âge de 16 ans avec Depi w vole w pete . Trois ans plus tard, soit en été 2018, il confirmera sa forme étincelante avec le remix de Bella Ciao, Lave latcha w. Vu le champ musical controversé qu’il a choisi d’embrasser, AndyBeatZ est le genre du musicien qui ne recule pas devant le travail et qui n’a surtout pas peur des mots.  C’est ce qui d’ailleurs le poussera à affirmer sans sourciller que la plupart des détracteurs de lave latcha w sont souvent  des ignorants en mal de hit….

 

Né Mike Andy Cajuste , AndyBeatZ a grandi à Saint-Marc. Il reviendra dans sa ville de natale, Port-au-Prince pour y étudier le marketing management et les relations publiques. Sa vie est marquée par la musique.  Ses parents l’encourageaient dans cette voie : « Ils ont eu raison car les résultats ne sont pas mal aujourd’hui ! » Bien que ces derniers ne fussent pas des musiciens, leur champ d’activités et leur amour pour la musique l’ont amené à se jeter dans le monde musical dès son plus jeune âge, plus précisément à l’âge de dix ans. En effet, ses parents étaient des mélomanes : sa mère était proche de grands musiciens haïtiens comme les membres de King Posse et son père,  comédien musical, ingénieur de son et propriétaire de la Brise Swing Club à Saint-Marc.

 

Aussi à dix ans, il intégrera le groupe d’enfants que fonderont ses parents qui remportera  Plezikanaval Timoun. Sentant le vent  à sa poupe, Mike Andy Cajuste fera  tout de  suite son entrée dans le monde des Dj. Dj Andy Mix sera son premier nom.  Il se rappelle encore  de ceux qui le voyant performer dans le club de son père, venaient tester ses aptitudes  en lui demandant de jouer telles  ou telles musiques. À  partir de ce moment, il comprit qu’il ne pouvait compter que sur ses capacités. La mélomanie et l’accompagnement de ses parents auraient leurs limites.  Il deviendra alors autodidacte et s’affirmera seulement à 11 ans en beatmaker accompli tout en se jetant dans la vidéographie.  Ce n’est qu’à 15 ans qu’il décidera de sortir de sa zone de confort en produisant le groupe d’enfants BROTHERS C et ce jusqu’à nos jours.

 

Sa rencontre avec G-Dolph bouleversera sa vie. De DJ Andy Mix, il passera à AndyBeatZ : « G-Dolph pensait qu’AndyBeatZ serait mieux.  J’ai  donc adopté AndyBeatZ. » Depuis, sur les beat d’AndyBeatZ, vous entendrez  toujours la voix de G-Dolph répéter : « An-dy-beatz-beatz » Le succès ne tardera pas alors à venir ! En 2016, soit à 16 ans, Depi w vole w pete fera un énorme carton mais il n’était pas encore devant les projecteurs : « Personne ne m’identifiait vraiment. »  Il mettera alors sur pied un autre groupe, BMG (Brothers Music Group) issu de la famille que BROTHER C, un peu comme BC et MAGIC CLIC. Depuis, il enchainera des tubes aux échos limités  jusqu’à sa collaboration avec Valmix The King

 

Eh oui, en été 2018, le remix du classique Bella Ciao, Lave latchaw fera fureur en Haïti ! C’est elle qui fera vraiment connaitre AndyBeatZ. Ce hit fera couler beaucoup d’encre et sera à la base d’une polémique désormais récurrente dans la société haïtienne : le dénigrement de la femme.  AndyBeatz voit la réalité, évidemment, sous tout un autre angle. Il met aux devants le fait que les autorités compétentes auront censuré la musique s’il avait vraiment été question de dénigrement : « S’il avait vraiment eu dénigrement, la musique aurait été césurée ! » Par rapport à la faiblesse des institutions étatiques, l’artiste répond tout simplement qu’il y a eu des précédents en la matière : « Le ministère à la Condition féminine aurait fait la requête. Cela s’est déjà produit pour certains artistes… » Aussi  concernant  ses détracteurs pensant que par rapport à l’histoire de Bella Ciao, le message véhiculé dans le remix serait trop bas, l’artiste répond sèchement que la majorité d’entre eux sont des ignorants en mal de hit…

 

Aussi par rapport au style musical qu’il joue, il précisera qu’il ne l’a jamais appelé Rabòday mais afro lokal : « …Mais les gens ont toujours tendance à l’appeler Rabòday… » Si la façon de danser des gens peut  déranger certains, le DJ se déresponsabilise : « La façon de danser d’une personne dépend uniquement d’elle. »

 

Malgré son immense succès, AndyBeatz ne vit pas de la musique et ne la voit pas non plus comme son futur gagne-pain : « Je ne vis pas de la musique. Pour l’instant, je dépends de  mes parents. La musique me permet seulement de régler certains trucs. D’autant plus que je ne compte pas faire uniquement de la musique dans ma vie. »  Evoquant le décès de J-Vens, l’auteur du hit Ti Mamoun, le beat maker se voit désolé qu’un artiste soit mort dans des conditions pareilles et s’en veut de n’avoir pas pu l’aider. Voilà pourquoi il a tenu à préciser que le succès et l’argent ne vont pas forcément ensemble dans le monde musical haïtien.

 

Andy ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Il a déjà un autre single Se voye toujours en collaboration avec Valmix. Il estime que les feedback sont assez positifs et attend la réaction du béton.

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Quoiqu’on dira, qu’on l’aime ou pas, on retiendra, durant le temps qu’il aura décidé de s’adonner à la musique,  qu’AndyBeatZ est un artiste précoce transformant ses rêves en sentier et ne reculant pas devant les défis; un musicien n’ayant pas peur des mots  et arrivant  à faire danser les petits et les grands  même ses détracteurs…

 

Alain Délisca